Data: 6 04 1870
Mittente: Mussini Luigi
Luogo Mittente: Siena
Destinatario: Stürler Adolphe
Luogo Destinatario: s.l.
Tipo Documento: Lettera
Trascrizione: Cher ami, mes fillettes ont été enchantées de recevoir la jolie lettre de leur petit ami Alfred; et Juliette (l’ainée) a été haute fiére d’avoir pu la lire d’un bout à l’autre sans le secours de personne. Elles ne chargent de faire tous leurs remerciements à ton cher Fifi. Les bonnes nouvelles de sa santé m’ont fait une immense plaisir, et j’espére apprendre bientôt que le 25 jour de répit ont eu l’addition d’une période de bien-être encore plus exceptionnel. Cela me parais déjà d’eccellent augure comme préparation à l’époque des dèveloppement. Puissiez-vous mes bien chers ami être alors ai comble de vos voeux, et voir votre enfant chéri entiérement rétabli. Comme tu vois j’arrive avec della roba mia que je viens de mettre sur le métier. Pour le coup c’est un petit tableau (la moitié du dernier en sur face) mais figures de même grandeur, car ma vue de presbyte fatiguée ne me permet guère de faire les yeux aux mouches. J’ai aussi dans le creuset un plus grand sujet, romain celui-là, de l’époque impériale; mais pour le moment je m’en tiens à mes trois petits personnages, afin d’être en mesure de présenter quelque chose à une grande exposition italienne de b[eaux] a[rts] qui aura lieu à Parme en septembre prochain. Quand j’ai eu dessiné cela sur ma toile d’après mes études, j’ai crû utile d’en tirer la photographie avant de mettre la brosse dessus, afin de conserver ainsi comme un point de départ, une espeèce de carton. J’en profite pour avoir ton avis sur cette Idylle où je m’applique à rendre, autant que je le puis, l’innocence de cet amour naissant de deux enfants, si naïvement décrit par Longus. Mon sujet, tu le vois, est le Jugement de Chloé. C’est au commencement, là où la pastorale est encore chaste, que Chloé doit juger lequel de Daphnis et de Dorcon est le plus beau: un baiser sera le prix, et elle le donne à Daphnis. Les deux amants sont tout aussi innocents l’un de l’autre; aussi Chloé ne doute pas de poser ses mains sur le genoux du berger, qui, de son côté, timide er craintif, est plein de respect et d’admiration. Dorcon, lui, n’est pas content et voudrait ne rien voir. Tout cela est tracé d’aprés le premier croquis e tu ne vois que trop que la forme devra être entièrement revisée lors de lì’exécution d’aprés le modèle. Dis-moi franchement ce que tu penses de ce premier jet, couché sur la toile en peu de jours. Je t’avoue que je commence à croire il faille un peu plus laisser ses coudées franches à l’instinct. Ce qui nous est naturel nous réussira toujours mieux que la recherche de qualités qui ne coulent pas de source. En d’autres termes, il faut dque chacun boive dans son verre. Ne trouves-tu pas que je plaide là les circonstances atténuantes? mais en tout cas ce n’est pas un appel à l’indulgence, car je ne demande pas mieux que d’avoir ta pensée pleine et entiére. Mais je t’ai assez parlé de mes pastoreaux. J’ai maintenant un bon grand service à te demander, mais n’importe quand, d’ici à un mois, à demi mois, quand la bonne saison te portera à aleer flâner un peu sur le pavé de Paris. Ce que je te demande ce n’est pas moins que de tirer l’oreille pour mon compte à ce monsieur Haro qui a mon cadre et ne donne pas signe de vie. Ce cadre me coûte 600 francs, et je lui dis que je me contentais d’en recouvre la moitié. Ce fut la veille de mon départ et il s’engageait de substituer un cadre de cents à 150 francs, et à vernir le tableauu; s’engageait en autre à chercher à placer ce beau cadre. Au moment de partir j’admis la possibilité de m’être mal expliqué, [lacuna] je les frais de nouveau cadre et [lacuna] à prèlever sur les 300 francs demandés, et je lui écrivais un mot pour lui dire qu’à la verité, j’avais eu l’intention d’en retirer cette moitié nette s’en dehors des autres frais. Mais là n’est pas la difficulté, et le chiffre m’est fort indifférent. Ce dont je suis fort étonné c’est du silence de ce monsieur. Je procurerais lui écrire, mais a Pris ou s’en tire on ne répondant pas, et par écrit on ne conclus rien du tous. A voce tout s’arrange en peu de mots, et je te serais bien obligé si tu pouvais voir ce monsieur (n’importe quand je t’assure) en lui disent que tu es plein pouvoir pou arrenger la chose pour le mieux...ou pour le pire, tanto per uscirne) et pour ne pas faire cadeau de cette belle piéce à ce fino qui trouve si commode de faire a confidenza avec un absents. Toutefois [lacuna] si notre hiver n’a pas été rude que le votre à la [lacuna] il a été long et insopprtable par la pluie, la neige et l’absence de soleil. Il y a peine deux jours qu’il fait beau, mais je fais encore du feu. Nos républicains s’agitent et un ordre de monsieur Mazzini commetten des iniquités. A Pavia ils ont attaqué une caserme et il y a eu des morts de part et d’autre. A Lugo ont vient de tuer sur la place pubblique au plein [lacuna] un chef de la secureté. Le pire de l’affaire est que notre parlement est dans le grand dèsarroi. Les modérés se divisent se fractionnent en groupes, ou partis qui se chamaillent et font la partie belle aux exaltés. C’est à désesperéer du règime parlamentaire et de la liberté en attendant le gouffre du déficit est là prêt à nous engloutir. C’est Cavour n’est plus helas! et que nous n’aurons que des hommes médiocres, et de mauvais drôles. Pauvre Italie! Ce beau ciel et ces monuments on les gâterait aussi si on pourvoit. Je ois aller un de ces jours à Florence. Je tâcherai de voir Varni et lui dirai de t’écrire. Adieu, mon ami. Milles choses amicales, je te prie, à madame Stürler et un gros baiser à ton Alfred. Tout à toi. Luigi Mussini. Sienne, 6 avril 1870
Collocazione: Copialettere, collezione privata
Bibliografia: Epistolario 1893, pp. 187-188