Scheda

Data: 27 04 1870

Mittente: Mussini Luigi

Luogo Mittente: Siena

Destinatario: Stürler Adolphe

Luogo Destinatario: s.l.

Tipo Documento: Lettera

Trascrizione: Bien cher ami, je reçois à l’instant tes deux touchantes lettres qui m’ont profondément écue, et quoiqu’accablé ce matin d’une foule d’êmbarras, je sens le besoin de t’adresser ne fût-ce que qu’une ligne; ne ne fût-ce que pour t’embrasser tendrement et te dire que je regrette à mon tour de t’avoir fait de la peine. Je t’adresse que jamais mon coeur n’a crû voir dans le tien la moindre intention méchante ou hostile, et que si le ton de ta lettres m’a fuissé, loin d’un méconnaître l’intention amicale, je l’ai attribué à une certaine touche de ton esprit, à un fond de gaîté qui a à son service un esprit trop français, trop subtil pour un provincial italien comme moi, un peu lourd, un peu empêtrè, témoin certain soit où j’ai fait chez toi si triste figure au milieu de ta brillante et spirituelle compagnie ne sachant où placer mon mot faute de bien comprendre. Cela s’explique un peu ma susceptibilité de paysan déshabitué, par dix-huit ans de solitude, de certaines formes de l’esprit. Aussi je tiens à t’affirmer mon ami que ce n’est pas la critique d’un excellent ami et d’un juge compétent comme tu l’es qui m’a offusqué et m’offusquerais jamais. Eh mon Dieu! je ne sais pas gâté à cet endroit là. On n’a jamais eu chez-nous de la partialité pour ce que je fais. On n’a toujours et de plus en plus maltraité si bien que pour ne pas jetter ma palette aux orties (sûr que mes fillettes ont grand besoin que je travaille) je suis allé chercher à Paris un peu d’encouragement. Avec cela que la malveillance avec la quelle on me traite au mon pays est loin de s’étayer des grands principes qui inspirent tes critique. Elle ne m’oppose au contraire que ceux de l’école nouvelle; de sorte que je n’ai qui une raison de plus pour apprécier des jugements comme les tiens. J’ai eu donc bien tort, mille fois tort de me laisser trop impressioner par la touche un peu narquoise (ou qui m’a paru telle) de tes observations et je t’exprime tout mes regrets, en t’assurant que ma vielle amitié n’en a pas un seul instant amoindre. J’aurais mille choses à te dire encore, mais je ne puis renvoyer de te dire combien je regrettee d’avoir obée a ce besoin de sfogarmi avec toi qui t’a causè tout de peîne. Je viens d’apprendre en ce moment que le tableau d’un de mes élèves pensionnaire à Rome a eu là un éclatant succés, c’est dit-on le meilleur tableau de l’exposition, et il y en a de tout pays. C’est un sujet de Fabiola. Je ne l’ai pas vû mais la bonne nouvelle m’a fait grand plaisir. C’est pourquoi je t’en fais part. Encore un fois. Pardonne moi ma sotte susceptibilité et crois à l’inaltérable amitié de ton affectueus ami Luigi Mussini. Sienne 27 avril 1870

Collocazione: Copialettere, collezione privata

Bibliografia: Inedita