Data: 13 03 1874
Mittente: Mussini Luigi
Luogo Mittente: Siena
Destinatario: Merson Charles-Olivier
Luogo Destinatario: [Parigi]
Tipo Documento: Lettera
Trascrizione: Monsieur, comme vous le sauvez sans doute déjà, vos bonnes paroles d’encouragement me font affronter l’épreuve toujours redoutable du Salon. Je me suis donc haté de mettre à profit tous les reinsegnements que vous avez bien voulu me fournir avec tant de sollicitude. Ne pouvant affranchir d’ici ma caisse jusqu’à Paris, j’ai dû aller à Florence en opérer l’expedition qui n’a pû être faite avant le 9 courant pas trop tard cependant puisque 5 ou 6 jours est le maximum de temps employe [lacuna] de Florence à Paris. J’ai eu le jour même l’honneur d’écrire à monsieur on lui remettaint le reçu d’expédition, et ma notice pour le livret. Ne fût-ce que pour vous en donner une idée anticipée, je prends, monsieur, la liberté de vous evoyer la photographie que l’association Viennoise pour l’Album de l’expo.t a fait tirer de mon tableau. Le photographe avait miserment laissé super.t un bout de bordure que je viens de faire couvrir d’une bande de papier et pour me conformer aux éxigences postales j’ai dû repetisser la marge. Vous trouvez sans doute que ma donnée n’est guère épique. Elle ne l’est réellement pas du tout. C’est que j’ai prétendu faire de l’histoire anecdotique, telle que le faisait Svétone qui m’a fourni mon sujet. Si la fui de Néron n’était pas perdue dans Tacite, nous serions là en pleine épopée. C’est égal, pour un tableau de chavalet je crois que je m’en serais encore temps à Svétone. Pensez-vous, monsieur, que j’ai tort? Une seule figure en ce vaste champs, c’est tot soit peu osé pour de l’histoire même anecdotique! Mais s’il y a là de l’imprevue ce n’est pas un mal en un temps où la soif de l’originalité est aussi inextinguible qu’elle est indiscréte. D’ailleurs, si je ne me trompe Néron abandoné de tous est là même materiellement bien isolé, bien petit dans sa vaste Maison d’or; et les objets qui l’entourent j’ai téntés de les faire paraît voire même la Statue (récemment trouvé à Rome) du grand aïeul de Néron qui semble le menacer du geste et lui annonce l’expialisme imminente de ses forfaits. Après tout j’éspere que vous voudrez bien chèr monsieur, m’en dire très franchement votre avis au quel j’attache le plus grand prix. Je vous ai compris à demi mots, il a suffri de quelques remarques sur l’oeuvre de monsieur votre fils. A propos de cette belle page permettez-moi de vous dire que j’ai été heureux de voir dans la nouvelle génération d’artistes en jeune peintre qui marche hardisment et loyalement dans une voie, hélas! De moins en moins suivie, en y déployant un talent sont-à-fait hors lign. Lui souhaiter un éclatant succés n’est que justice. Permettez-moi, monsieur, encore quelques mots au sujet de mon modeste envoi. Je vois dans vos livrets la marque des décorés de la Légion d’honneur. Est-ce le cas de marquer la décoration étrangère pour les étrangers? Je ne l’ai pas fait. En tout cas je vous marque ici que je suis officier des deux ordres italiens de Saint Maurice et Lazare et de la Couronne d’Italie, et qu’à l’occasion de l’exposition de Vienne j’ai reçu de l’Empereur d’Autriche la croix de Commandeur de l’ordre de François-Joseph. Et maintenant puisque vous voulez bien avoir l’extreme bonté de soigner mes intérêts, je vous dirai que mon prix serait de 8000 fr. avec un minimum de 7000. Mais si pour avoir l’honneur de voir mon ouvrage acqui par l’état fallait faire une concession quelques peu plus grande, je vous en laisserais, monsieur toute faculté. Vû la déprecation de notre papier-monnaie italien, j’entends parler de francs effectifs en or ou argent. Voilà ma bien longue lettre. Je vous en demande, cher monsieur, mille fois pardon, et je ne hâte de vous présenter l’expresison de ma gratitude et des sentiments distingués avec les quals j’ai l’honneur d’être. Votre tout dévoué. Luigi Mussini Sienne 13 mars 1874
Collocazione: Copialettere, collezione privata
Bibliografia: Inedita