Scheda

Data: 23 03 1874

Mittente: Mussini Luigi

Luogo Mittente: Siena

Destinatario: Stürler Adolphe

Luogo Destinatario: s.l.

Tipo Documento: Lettera

Trascrizione: Cher ami, quand je vois la data de dernière (23 novembre) je n’ose compter sur les doights mais je compte que tu en feras autant, tous en me pardonnant mon long silence. Certes je n’avais rien de neuf à l’apprendre même en te disant combien je te suis profondément attaché. Mais j’avais à te dire le plaisir que m’ont cavé les bonnes nouvelles que tu me donnais de ton Alfred, ainsi que de ton excursion à Berne. J’ai déja vu par l’adresse que je n’ai en garde d’oublier ce qui est dû au patricien Bernois. Tu en plaisante mais sous ce Vont il y a quelque chose de sérieux et d’attachement pour toi, c’est un lieu de famille et une patrie d’autant plus aimante qu’elle est plus petite. Pour ne pas être en reste avec toi je me plais à te dire dès novembre dernier, s[a] m[ajesté] l’empereur d’Autriche m’a envoyé la croix de Commandeur de l’Ordre de François-Joseph. Commandeur!! (ne pas confondre avec celui du vieni a cena con me). Aussi cela est-il fort peu nourissant sous tous les rapports. Ce que je ne pourrai dire si s[a] m[ajesté] avait commencé par s’emparer de ma peinture. C’est égal, je ne lui suis pas moins reconnaissant de son gracieux souvenir. Au sujet de ma peinture il faut que tu saches que j’ai rencontré à Rome dernierèment monsieur Merson inspecteur des beaux arts que j’avais connu il y a deux ans à Sienne. Il m’a vivement engagé à envoyer mon Néron au salon de cette anné me promettant qu’il aurait une bonne place; et m’offrant de ses services in tutto e per tutto. Cela m’a décidé à affronter l’épreuve toujours redoutable du Salon et sourtout pour un grade du Saint Père, par le temps qui court! N’importe que faire de ma toile ici à Sienne? Il faut bien lui faire courir des chances, fussent elles être aussi malheureuses que celles que les artistes ont rencontrés à Vienne, où pas un seul tableau de nos artistes a trouvé d’acquéreur. Monsieur Merson à déja reçu mon tableau au palais des Champs Elisées et il m’en dit merveilles. Speriamo bene! En attendant pour t’en donner une idée anticipé je t’expédie la photographie que l’association viennoise pour l’album de l’exposition en a fait tirer, et qui n’est pas mal réussi. Tu m’en dira, tu sais bien, ton avis sincére. Et comme je n’en ai eu trois ou 4 épreuves, je te prie après examen, de l’envoyer à mon ami Duportal, avec cette adresse à monsieur H. Duportal Du Goasmeur, Tréguier (Côte du Nord). Une seule figure ou ce vaste champs c’est un peu osé pou de l’histoire même acdotique. Mais s’il y a un peu d’imprévu ce n’est pas un mal en un temps où la soif de nouveau est aussi inextinguible qu’elle est indiscréte. J’ai tâché de faire parler les objets qui l’autornent, voire même cette statue (récemment trouvé à Rome) du grand aïeul de Néron, que semble le menacer du geste et lui ennoncer l’expiation imminente de ses forfaits. Bast! Les commentaires de l’auteur sont peine perdue; vû qu’il faut bien que le public s’en passe, et qu’il est rare qu’il devine les arrières pensiers et les sous-entendus de l’auteur. J’exploite en ce moment une petite veine de portrait. J’en ai presque achevés deux, et j’ai en train un grand portrait de la jeune contessa veuve Borghesi qui me donne bien du mal. Où en êtes-vous avec le septennat, les blancs, les rouges, les Orléanistes et les Bonapartistes? C’est a ce qu’il semble, un gâchis inextricable. Les Italiens sont aujourd’hui en train de fêter le 15.me anniversaire de l’annéxion du Roi. Tous les maires sont allés comme un seul homme à la Capitale pour présenter à S. M. leur félicitations. Et c’est bien spontané, et surtout très rassurant. Les pétroleurs sont enfoncés chez nous. Il est vrai qu’ils y sont aussi rares que les moulins à vent, ce que nous défense de les combattre. Je n’ai fais que deux courses rapides à Florence, et n’ai point vu Varni. J’éspere que d’après tes sages avis il aura renoncé à cette folle idée de courir les aventures. Il n’a, comme tu dis ni rage ni le caractère pour cela. César et sa famille vont bien. La mienne est aussi en très bonne santé. Mille choses amicales, je t’en prie à madame Stürler et à ton Alfred. Ne me punir pas de mon silence et sourtout ne doute jamais de l’affection inalthérable de ton viel ami. Luigi Mussini. Sienne, 23 mars 1874

Collocazione: Copialettere, collezione privata

Bibliografia: Inedita